octobre 17 2016

Sexisme et représentation des hommes et des femmes dans les illustrations de JdR

La question du sexisme dans les jeux de rôle est un débat qui revient régulièrement sur le tapis durant nos conversations, que ce soit juste entre nous (Thibault et Morgane), ou au cours de discussions regroupant d’autres rôlistes. Tout le monde semblant avoir un avis tranché sur la question, nous avons décidé d’analyser méthodiquement les illustrations des JDR afin de déterminer si la représentation des femmes est bel et bien sexiste ou s’il s’agit d’une idée reçue. Bien entendu, les illustrations ne sont qu’une facette d’un JDR, et le fond d’un jeu peut être aussi sexiste que sa forme, voire plus, mais elles constituent une porte d’entrée pour discuter de cette problématique et c’est celle que nous avons choisie.

Voici comment nous avons procédé. Nous avons regardé dans les JDR à notre disposition si les illustrations étaient sexistes ou pas. Pour cela nous avons compté :

  • le nombre de pages
  • le nombre d’illustrations
  • le nombre d’illustrations comportant des hommes ou des femmes de sexe identifiable
  • le nombre d’illustrations ne comportant que des hommes
  • le nombre d’illustrations ne comportant que des femmes
  • le nombre d’illustrations comportant des hommes et des femmes
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des postérieurs masculins
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des postérieurs féminins
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des ventres masculins
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des ventres féminins
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des poitrines masculines
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des poitrines féminines
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des sexes masculins
  • le nombre d’illustrations mettant en avant des sexes féminins

Nous y avons ajouté une valeur subjective de conformité entre les illustrations et le thème du JDR. En effet, certains JDR portent un thème se voulant « adulte » comme Bloodlust, ce qui influe sur la perception qu’on a de la mise en avant des corps. L’ensemble des informations génériques sur les JDR comme le nombre de pages et l’année de parution sont tirées de l’éminent GROG.

Nous avons étudié 45 jeux de rôle (dont certains en double aveugle) dont voici la liste : Polaris (V3), Bloodlust, L’Anneau Unique, Les Chroniques des Féals, Hollow Earth Expedition, Patient 13, Sur la Route de Chrysopée, NanoChrome², Antika, Luchadores, Orpheus, Conspiracy X, Steamshadows, Cops, Ars Magica, First Contact, Eclipse Phase, Le Trône de Fer, Prophecy, Tigres volants, Les Secrets de la 7ème Mer (V1), Scion (Héros V1), Solip City, Conan (OGL), Ryuutama, Little Fears, Loup Solitaire, L’Appel de Cthulhu 5.5, L’Appel de Cthulhu 6, L’Appel de Cthulhu 7, Delta Green, Fading Suns (V1), Fading Suns (V2), Nightprowler, Vermine, Within, Dragon de poche, Sombre, Agôn, Chroniques Oubliées, Star Wars: Aux Confins de l’Empire, Nobilis, Cyberpunk 2020, Star Wars (D6), Anima.

La première donnée que nous avons regardée est le degré d’illustration des différents jeux de rôle sous la forme du nombre d’illustrations par pages (figure 1).

Dans les JDR étudiés, Sombre est le moins illustré avec 0 illustration par page et Solip City est le plus illustré avec 0,86 illustration par page. En moyenne les JDR ont 0,4 illustration par page.

On s’est alors demandé combien de ces illustrations représentaient des êtres humains (figure 2). Ainsi, Agôn est le JDR le plus « incarné » avec 93 % d’illustrations représentant des humains.

À partir de là, nous avons cherché à savoir s’il y avait parité hommes/femmes parmi ces humains. Idéalement, un JDR devrait avoir autant d’illustrations représentant des hommes que des femmes et donc un taux de représentation féminine de 0,5 (N. B. : en l’occurrence, nous avons compté si les illustrations montraient des femmes ou des hommes, et non le nombre exact d’hommes ou de femmes figurés).

La zone en vert représente les JDR dont la représentation homme/femme est équilibrée (entre 45 % et 55 % de femmes). On peut facilement observer que l’essentiel des JDR étudiés représentent une majorité d’hommes. Il y a 9 JDR au-dessus de la zone d’égalité et 29 JDR sous cette zone, pour un taux de représentation féminine moyen de 39 % sur l’ensemble des JDR. Cela nous indique qu’il y a deux fois plus d’illustrations montrant des hommes que d’illustrations montrant des femmes. Ce chiffre serait encore augmenté si on considérait le nombre exact d’hommes et de femmes représentés.

S’il est maintenant attesté qu’il y a nettement plus d’hommes que de femmes représentés, comment ces personnages sont-ils représentés, et plus exactement, comment leurs corps sont-ils plus ou moins mis en exergue ? Pour répondre à cette question, nous avons comptabilisé les illustrations mettant en avant les poitrines (haut très moulant, décolleté plongeant, poitrines nues), les ventres (ventres nus, abdominaux), les postérieurs (pantalon moulant, strings, fesses nues) et les sexes (sexes visibles) chez les hommes et chez les femmes. Nous avons ensuite comparé ces mises en avant de parties sexuées du corps en fonction du sexe des humains représentés. Pour chacun de ces critères, nous avons représenté ce qu’on appelle des « boîtes à moustaches », qui illustrent la variabilité de ces critères sur l’ensemble des JDR. Les JDR dont le nom apparaît sont les JDR qui s’écartent beaucoup de la moyenne des JDR (ligne horizontale au centre de la boîte).

Cette fois, on constate qu’il y a beaucoup plus de poitrines féminines que masculines, mais plus d’abdominaux masculins. Il y a aussi plus de postérieurs et de sexes féminins que masculins. On remarque aussi que plusieurs JDR se distinguent par un nombre beaucoup plus important de mises en exergue des corps. Pour Bloodlust, Agôn, Luchadores ou Conan, cela semble globalement en accord avec leurs thèmes respectifs. Pour Anima et Scion, en revanche, cela semble nettement moins justifié.

Nous avons donc décelé un écart entre la mise en valeur des corps masculins et féminins. Pour l’analyser sur l’ensemble des JDR, nous avons calculé le taux de corps féminins. Un JDR équilibré comme précédemment devrait avoir un taux de corps féminins proche du taux de femmes illustrées. Cependant, s’il y a 75 % de femmes, il est normal qu’il y ait autour de 75 % de corps féminins. Ainsi, puisqu’on a vu que la majorité des JDR représentent deux fois plus d’hommes que de femmes, on devrait observer plus de corps masculins que féminins. Notez que dans ce calcul, l’illustration d’un homme en nu frontal serait comptée comme trois illustrations distinctes, puisqu’elle montrerait une poitrine, des abdominaux et un sexe masculins.

On constate que contrairement à l’attendu, une majorité de JDR mettent plus en avant le corps féminin alors qu’ils représentent en moyenne beaucoup plus d’hommes.

En combinant les deux taux de représentation, on comprend mieux comment chaque JDR s’écarte d’un JDR idéalement équilibré qui représenterait autant d’hommes que de femmes, tout en mettant autant en valeur le corps des femmes que celui des hommes.

Dans ce graphique, les JDR en haut à gauche sont ceux qui « objectifient » le plus les femmes, puisqu’ils représentent moins de femmes mais plus de corps de femmes. C’est cette zone qui regroupe le plus de JDR avec 17 JDR. Les JDR en bas à droite peuvent aussi être considérés comme sexistes car ils représentent moins d’hommes mais plus de corps d’hommes ; cela représente 4 JDR. En tout, on peut donc dire qu’il y 21 JDR qui traitent différemment les hommes et les femmes, que ce soit dans le nombre de représentations que dans la façon de les représenter, soit pas loin de 47 % des JDR.

La taille des points correspond au nombre de corps représentés dans chaque JDR. Ainsi, L’Appel de Cthulhu dans sa version 5.5 paraît sexiste car il a un taux de corps féminins de 1 mais il se trouve que cela représente une seule illustration de corps dans tout le JDR. La couleur de chaque point correspond à l’année de parution et on ne constate pas de structuration. Cela indique que la situation ne s’améliore ni ne se dégrade pas avec le temps.

Si on définit le sexisme comme un traitement différent des hommes et des femmes, il est facile d’identifier sur ce graphique quels JDR sont sexistes. Plus un JDR est loin du centre du graphique, plus on peut le considérer comme sexiste. Cependant il est normal qu’il y ait 30 % de corps féminins lorsqu’on a 30 % de femmes représentées. On peut donc calculer comme approximation du sexisme la distance horizontale avec la valeur de 0,5 (distance horizontale),  ajoutée à la distance avec la diagonale représentant un taux de corps féminins identique au taux de représentation des femmes (distance verticale). Cependant cette combinaison de distance peut être biaisée par le nombre de représentations de corps comme dans le cas de L’Appel de Cthulhu en version 5.5. Nous avons donc décidé de multiplier cette somme de distances par le nombre d’illustrations mettant en avant des corps. Enfin, les JDR dont les illustrations ne nous apparaissent que peu en accord avec le thème auront une valeur de sexisme multipliée par 1,5 et les JDR dont les illustrations ne sont pas du tout en accord avec le thème auront une valeur de sexisme multipliée par 2.

Voici ce que donne notre indice de sexisme.

Selon cette démarche et sur le panel de jeux étudiés, c’est donc Anima qui est de loin le plus sexiste… À l’opposé, First Contact ressort comme un exemple d’équilibre.

Le mot de la fin

Cette étude préliminaire est vouée à s’enrichir via la comptabilisation d’autres jeux de rôle variés auxquels nous aurons accès… Et vos propres contributions. Nous vous détaillerons prochainement les étapes à suivre pour contribuer à ce projet, donc suivez notre actu de près ! Sachez que nous avons tous deux été très surpris en épluchant attentivement certains JDR sur nos étagères depuis des années. Cela permet de jeter un autre regard sur des choses auxquelles on ne fait pas assez attention et de réfléchir à ses habitudes de consommation de JDR.

Quoi qu’il en soit, nous tenons une tendance qui parle déjà pas mal d’elle-même… et qui répond à la question initiale à l’origine de cet article : oui, à l’heure actuelle, vous risquez de tomber sur des illustrations montrant des femmes dénudées ou dans des postures suggestives sans que cela ne soit justifié par l’ambiance du jeu. Ce qui saute également aux yeux, c’est la très faible représentation des femmes. Nous espérons que ce constat sensibilisera autant les éditeurs que les illustrateurs et les joueurs.

Note des auteurs : suite à plusieurs remarques pertinentes sur le titre de l’article, qui pouvait induire en erreur sur l’objet de l’analyse, nous avons renommé l’article « Sexisme et représentation des hommes et des femmes dans les illustrations de JdR ».


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Ecrit 17 octobre 2016 par Thibault dans la catégorie "Analyses", "Autour du jeu", "Notre actu

32 COMMENTS :

  1. By Pierre Rosenthal on

    Hello, je serais intéressé su vous pouvie faire la même étude sur
    Simulacres, Casus Belli HS 1 et 11; Capitaine Vaudou?
    Je pense être proche de l’équilibre mais je préférerais avoir un oeil extérieur. Il est toutefois possible que sur les fiches prétirées il y ait un ratio de 2/6, voulant se rapprocher de la population des rpolistes de la fin des années 80 !

    Merci
    Pierre Rosetha;

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    1. By Thibault (Auteur) on

      On a prévu de partager avec tout le monde le tableau qu’on a commencé à remplir avec ces JDR pour que les gens puissent ajouter leurs jeux qu’ils soient déjà présent ou pas.

      Répondre
  2. By salanael on

    Objectif : donner une cotte « sexiste ou pas » à tous les jeux du GRoG ^^

    En tout cas, on est absolument pas surpris pour Anima.

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    1. By ced on

      en même temps anima est jdr a tendance manga et l’univers du manga est souvent sexiste donc ça parait coherent

      Répondre
  3. By Alias on

    Hello, je suis l’auteur de Tigres Volants!

    D’abord, j’aimerais saluer l’initiative: vouloir poser des critères explicites et aussi objectifs que possibles pour étudier le sexisme dans un média tel que le jeu de rôle mérite le respect (spoiler: vous allez vous faire basher quand même, mais pas par moi).

    Ensuite, je ne suis pas particulièrement surpris de voir Tigres Volants figure à la quatrième place de votre classement final. Cela dit, je pense que terme-clé est dans votre conclusion: « sans que cela me soit justifié par l’ambiance du jeu ». Et c’est sans doute ceci qui manque à votre étude.

    Je pense aussi qu’il faudrait plus clairement définir ce qu’est le sexisme et dans quelle mesure des illustrations sexualisées sont adaptées ou non à l’ambiance d’un jeu.

    Bref, j’attends avec une certaine impatience de lire la suite de vos études.

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  4. By Steve J on

    Étude intéressante pour les chiffres qu’elle fournit mais qui pose à mon avis un certain nombre de questions de méthodologie. Je me permets de rentrer rapidement dans un commentaire un peu technique.

    Globalement votre étude oscille entre deux angles d’approche distincts qui méritent leur propre commentaire :
    1)Une approche globale où vous cherchez à qualifier l’ensemble du marché rôliste (c’est dans cette catégorie qui se situe un résultat tel que « le taux moyen de représentation féminine est de 39 % »)
    2)Une approche individuelle où vous cherchez à produire un indicateur permettant de classer chaque jeu vis à vis de son sexisme

    1) La première approche me semble plus convaincante mais elle pose la question de la sélection et de la significativité.
    Comment avez-vous sélectionné ces 45 jeux ? Sont-ils en nombre suffisant pour obtenir des données fiables ? Comment passez-vous de « 45 jeux » à l’ensemble des JDR ?

    2) La deuxième approche me semble relever du tour de passe-passe en substituant à une analyse fine des particularités de chaque œuvre un indicateur quantitatif faussement objectif.
    S’il est inévitable et logique d’utiliser des critères automatiques pour quantifier un phénomène global, cela n’est ni nécessaire, ni souhaitable pour parler d’une œuvre isolée que l’on peut analyser bien plus finement en se passant de critères statistiques.
    Cela éviterait des contre-sens comme vous pouvez en produire sur l’Anneau Unique et d’appliquer un évident malus à l’érotisme (le nombre d’images « mettant en avant les corps » agit comme un multiplicateur du le score final de sexisme et explique par exemple la position de Tigres Volants).

    Bref, et c’est un statisticien féministe qui le dit, la critique féministe des œuvres mérite bien mieux qu’une analyse quantitative…

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    1. By Thibault (Auteur) on

      Pour te répondre c’est 45 jeux sont tout simplement ceux auxquels nous avions accès pour pouvoir comptabiliser les illustrations. Il faudrait évidemment augmenter ce nombre et que dans l’idéal plusieurs personnes différentes fassent le travail pour les mêmes jeux. On pourrait ainsi s’affranchir un peu de la subjectivité. Nous comptons ouvrir à la participation notre tableau pour que ce chiffre augmente cela enrichira l’étude.

      Pour ce qui est du point 2 en effet, l’index choisi n’est pas très satisfaisant mais c’est le meilleur que j’ai trouvé. Notamment il pose problème pour L’Anneau Unique (et quelques autres) car dans tout le livre de base il y a qu’une seule illustration mettant en avant une partie du corps et c’est le ventre d’une femme d’ou ce taux de corps féminin de 1. Il serait peut être plus pertinent de considéré tous les JDR n’ayant que très peu d’illustrations mettant en avant les corps (moins de 3 ??) comme ne montrant aucun corps. Je vais faire le test et mettre à jour l’analyse. Cependant cela ne changera que la place de quelques JDR.

      Si tu as d’autres idées d’index je suis tout à fait preneur. De même si tu veux avoir accès aux données ou à mes scripts d’analyse pas de problème (c’est fait sous R)

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      1. By Steve J on

        Le choix de multiplier l’indicateur de sexisme (qui est à la base un indicateur de distance) par le nombre d’illustrations « mettant en avant les corps » conduit à biaiser l’analyse en défaveur des gros bouquins de règles et de jeux comportant le plus de nudité partielle ou totale (bref vous créez un biais puritain).
        A la limite vous pourriez vous contenter de faire des tests de significativité en retirant de l’analyse les ouvrages ayant un nombre trop faibles d’illustrations « mettant en avant les corps » (sans multiplicateur donc).

        Mais au fond mon problème ne porte pas tant sur cet indicateur que sur l’idée de même de construire un indicateur individuel : l’intérêt de la statistique est d’étudier des agrégats (ce que vous faites quand vous parlez de l’ensemble des JDR…même si j’ai des critiques sur la sélection je trouve cette partie plutôt convaincante).

        Par contre si vous souhaitez étudier le sexisme d’un bouquin précis (ce qui est souvent légitime) il me semble largement préférable d’adopter une démarche qualitative en prenant le temps d’une analyse fine sous l’angle du sexisme.

        C’est d’autant plus important qu’en déclinant les indicateurs par jeu on est conduit à pointer un doigt accusateur sur certains d’entre-eux ce qui peut-être légitime mais nécessite d’avoir plus de recul que 3 calculs de coin de table (même un très bon indicateur se trompera souvent sur le sexisme supposé d’un jeu).
        De fait on se rend compte que l’indicateur utilisé s’avère parfois inadapté ce qui est inévitable mais particulièrement problématique quand on descend à ce niveau d’analyse.

        D’autant que, c’est paradoxal, mais l’indicateur chiffré a beau être beaucoup plus frustre qu’une analyse critique plus littéraire, il sera accueilli comme étant un résultat beaucoup plus objectif. Raison de plus pour s’en passer selon moi.

        PS :
        Autres remarques.
        Le tableau croisé bleu est difficilement lisible et interprétable. Alors même que vous pouvez faire passer le même message en représentant le pourcentage de corps féminins sexualisés (i.e. l’ordonnée sur l’abscisse).

        Votre critère de « mise en avant des corps » est très très flou et créé une forte subjectivité (AMHA raison de plus pour abandonner votre indicateur et assumer une critique féministe plus qualitative, qui ne prétend pas à l’objectivité mais qui argumente pour chaque jeu).

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        1. By Thibault (Auteur) on

          C’est en effet vrai pour le biais puritain…peut être faut-il mettre de côté cette indice et de ce concentrer sur les chiffres bruts (nombre d’illustrations d’hommes de femmes, de postérieurs etc etc..) ou tout simplement ajouter ces deux distances sans pondération.

          Pour ce qui est d’abandonner le graphique croisé bleu je trouverai ça dommage car il permet notamment de comparer plus facilement le taux de corps féminin par rapport au taux de femme. Pour moi ces deux taux sont évidemment liés l’un à l’autre. si il y a 30% de femme il est assez normal d’avoir 30% de corps féminin.

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        2. By Thibault (Auteur) on

          Après quelque tests supplémentaires tu as raisons il faut laisser tomber cette indice que ce soit sous cette forme ou sous des formes corrigés.

          On va publier un deuxième article dans ce sens. Merci pour tes commentaires.

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  5. By Kegron on

    Considérer qu’il peut être sexiste de montrer une poitrine mais que ce n’est pas le cas pour des gros biceps nus(qu’on retrouvera plus souvent sur des illustrations d’homme que de femme) n’est-il pas un choix révélateur d’une certaine vision unilaterale du sexisme ? ;-p

    Répondre
    1. By Morgane on

      Nous avons cherché à étudier les éléments généralement sexualisés et qui étaient comparables homme/femme. Là où la société insiste sur les biceps masculins, ça se retrouve assez peu du côté féminin, donc on ne pouvait pas vraiment comparer. Alors que les indicateurs poitrine (pectoraux musclés pour les hommes), ventre (abdos), postérieur et sexe sont plus facilement comparables.

      Répondre
      1. By dampyre on

        Donc, l’étude est biaisée: un personne lambda attirée par les hommes se « pamera » tout autant devant des biceps saillants que devant son postérieur. Vous avez également omis un critère important (mais éminement subjectif ce qui le rend difficilement mesurable): la facteur beauté des sujets. L’idée est bonne et globalement bien menée mais, comme toujours, on peut aller plus loin. Plutôt que de compter le nombre de seins, sexes, ventres et fesses, mais pas le nombre de sujets par illustration, il serait plus juste de compter le nombre de sujets sexualisés d’une manière ou d’une autre. Parce que là, à priori, une femme nue a été comptée 3 fois si elle était de face. L’attitude devrait compter aussi (une femme habillée en position lassive ou un homme en armure en position de vainqueur sont également sexualisés). Au final, ça ne changerait rien au fait qu’Anima serait le grand « vainqueur » mais je pense que le résultat serait plus représentatif (et les scores sans doute plus élevés et l’écart hommes/femmes sensiblement le même).
        Après, il ne faut pas oublier que le coeur du cible de notre cher loisir reste (encore) les hommes. Sans compter qu’une majorité des auteurs sont des hommes (même si la proportion hommes/femmes dans le jdr tend à se rééquilibrer, et c’est une bonne chose). Du coup, la sur-représentation des modèles feminins sexualisés n’est pas étonnante.

        J’avoue ne pas avoir lu les commentaires (et avoir lu l’étude un peu en diagonale, par manque de temps), donc désolé si tout ceci a déjà été dit. 😉

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        1. By Thibault (Auteur) on

          Pour ce qui est des illustrations lascives on les a noté mais au final elles sont très peu nombreuses et donc on n’en a pas spécialement parlé.

          Sinon en effet c’est une étude limitée et qu’il faudrait completer.

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  6. By Cairne on

    Le problème celon moi avec cette étude c’est que les illustration ne sont pas representative du sexisme de tel jdr. ce qu’il compte avant tout c’est belle est bien le contenu du livre et non les illustration pour une seul et unique raison.
    Les illustration sont une vision d’un ou de plusieur artistes donc ce n’est pas au jdr d’être taxer de sexiste mais bien au illustrateur. ces dernier ne le font pas exprès et c’est plus la societer qu’il faut blâmer.
    Et Même si il y a quelque exception, le Jdr n’est pas sexiste.
    l’on incarne un rôle que l’on a créer et surtout choisit ou l’on voie son scénario ce faire violer par les joueur est c’est tout.

    puis tu oublier certain fais comme par exemple QU’IL N’Y A AUCUNE DIFFÉRENCE ENTRE LES SEXES NIVEAU CARACT SUR LA QUASI TOTALITÉ DES JDR (depuis longtemps et en oublient quelque souvenir putride … ).

    Répondre
    1. By Thibault (Auteur) on

      On l’a surement mal expliqué mais ce n’est pas le fond du JDR qu’on regarde mais uniquement les illustrations. Un JDR peut avoir des illustrations sexistes mais pas un fond sexiste et inversement. Par contre je ne suis pas d’accord que le ou les auteurs n’ont aucune responsabilité car c’est eux qui choisissent les illustrations.

      Par contre en effet dans tous les systèmes de JDR que j’ai en tête il n’y a aucune différence mécanique entre les sexes.

      Répondre
      1. By SimonG on

        Tu fais une erreur là. Les auteurs ne choisissent pas les illustrations. C’est souvent l’editeur le décideur même si l’auteur est consulté. 😉

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        1. By Morgane on

          Je pense que ça dépend pas mal du mode d’édition, pour ce point précis. Et tous les éditeurs n’ont pas forcément la même approche (il serait intéressant de pouvoir en discuter avec eux). C’est aussi pour ça qu’on parle de soulever la question pour tout le monde, éditeurs, illustrateurs et joueurs. Parce que nous-mêmes en tant que joueurs, on est pris dans ce mode de fonctionnement qui caractérise la société actuelle…

          Répondre
  7. By Morgane on

    Suite à plusieurs remarques pertinentes sur le titre de l’article, qui pouvait induire en erreur sur l’objet de l’analyse, nous avons renommé l’article « Sexisme et représentation des hommes et des femmes dans les illustrations de JdR ».

    Répondre
  8. By pastoutafaitdaccord on

    « Idéalement, un JDR devrait avoir autant d’illustrations représentant des hommes que des femmes et donc un taux de représentation féminine de 0,5 »
    Je voudrais vous faire remarquer, en toute cordialité, qu’il n’y a aucune base logique à cette assertion.

    Répondre
    1. By Thibault (Auteur) on

      En effet cette phrase seule n’est pas logique. Mais elle se place dans le contexte de l’étude qui cherche à savoir si il y a un traitement dans les illustrations différente entre les hommes et les femmes. Dans ce contexte un JDR parfaitement équilibré (idéal dans le traitement équitable) aurait bien 50% d’illustration montrant des femmes.

      D’un point vue général non un JDR ne doit pas représenté autant de femme que d’hommes. Cependant personnellement je trouve que ce serait un bon but car en accord avec les systèmes et univers. En effet dans la majorité des jeux, il est expliqué que dans le monde du jeu il n’y a aucune différence de sexe que se soit dans la mécanique ou dans le choix des carrières possibles.

      Répondre
  9. Pinback : SuperSix, un jeu de rôle sexiste ???

  10. By Bruno Guerin on

    Bonjour,
    Je pense qu’il faut tenir compte de la mode vestimentaire de l’époque en question, pour une époque antique torse velu, pectoraux et abdominaux sont évidemment plus visible et plus cohérent que dans un contemporain. De plus, la place de la femme à certaines époques ne favorise pas toujours d’avoir des illustrations en lien avec le sujet en y montrant une femme d’où parfois un écart dans les représentations.
    (PS: je suis l’auteur d’Antika pour information)

    Répondre
    1. By Thibault (Auteur) on

      On a essayé de la prendre en compte via cette notion d’accord avec le thème. Notre indice de sexisme (qui a bien des défauts) final essaye de le prendre en compte en pénalisant les jeux dont le thème n’était pas en accord (selon nous) avec les illustrations.
      sexisme x 1.5 quand le thème était moyennement en accord
      sexisme x 2 quand le thème était pas du tout en accord

      Pour Antika nous avions considéré les illustrations en accord avec le thème.

      Si vous avez des idées sur comment prendre l’aspect historique en compte nous somme preneur. Nous n’avons pas trouvé de façon élégante de le prendre en compte.

      Répondre
  11. By Vincent Henry on

    Au milieu de toute ses critiques, j’aimerais vous laisser un petit message de remerciements 🙂

    On peut critiquer n’importe quel indicateur. Il y aura toujours des éléments qui ne seront pas parfaits, des exceptions, etc.

    En terme de simplicité et de reproductibilité de l’expérience, cet indicateur me semble des plus judicieux.

    Je suis prêt à vous envoyer le PDF du kit d’initiation de Ladies si cela vous intéresse pour augmenter votre panel d’étude 🙂

    Répondre
    1. By Thibault (Auteur) on

      Merci du soutient !!

      Pour ce qui est d’augmenter le panel c’est l’un de nos objectifs et nous allons mettre en ligne un tableau partagé pour que les gens puissent eux même ajouter des jeux. La méthode de comptage est assez simple à mettre en place mais est sensible à la sensibilité personnelle et il serait donc plus intéressent d’avoir le regard d’autres personnes. Surtout que si plusieurs personnes regardent un même jeu on pourra avoir une idée de l’effet « observateur »

      Répondre
      1. By Vincent Henry on

        Si l’ajout de nouveaux jeux est « libre », je crains cependant une fausseté / un pourrissage des statistiques.

        Certains résultats ne plaisent pas.
        Je modère le groupe « Auteurs de Jeu de Rôle » sur facebook. Certains font tout (de manière préméditée, annoncée préalablement sur le mur d’un de mes contacts) pour faire déraper le sujet parlant de votre article / le décrédibiliser injustement pour X raisons. (Le monde de la création de JdR est un petit milieu, on touche là au travail de connaissances, d’amis… Donc l’aspect personnel/émotionnel rentre rapidement en jeu.)

        Je vous conseille donc, si vous voulez l’ouvrir, de surveiller l’ajout de nouveaux résultats : obligation de s’identifier, validation du résultat nécessaire, etc.
        Bref, que le protocole d’ajout soit réalisée de manière aussi méthodique que l’étude.

        Pour éviter l’ajout de résultats volontairement faux dans le but de pourrir l’étude/faire plaisir à un ami.

        Répondre
        1. By Thibault (Auteur) on

          C’est une question compliqué…j’avoue ne pas avoir de réponse toute faite.

          On peut surveiller que les gens ne modifient pas les entrées des autres mais continuer juste nous deux à augmenter le nombre de JDR ne me parait pas souhaitable car il y a un coté subjectif dans les observations….

          Répondre
  12. Pinback : Sexisme et représentation des hommes et des femmes dans les illustrations de JdR – V2 – L'échelle Ripley

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